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La Résistance en Côte-d'Or

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carte dressée par Roger MEURET, correspondant départemental du Comité d'Histoire de la 2ème guerre mondiale.

Archives Départementales de la Côte-d'Or

 

La Résistance en Côte d'Or :

l'une des plus acharnées de France

 

Le département de la Côte d'Or est parmi ceux qui ont le plus souffert de l'Occupation allemande. Carrefour entre la zone occupée, la zone libre et la zone interdite, Dijon représente un important point stratégique pour les Allemands (Centre de l'Abwehr et la police allemande, dont la Gestapo), pour les évadés, les juifs et bientôt les résistants. Ils tentent de rejoindre la zone libre ou la Suisse. Toutefois, la Résistance en Côte d'Or et à Dijon est telle que Pierre LAVAL, en janvier 1944, désigne notre département comme étant le plus « agité » de la France occupée.

La Résistance va connaître 3 phases successives :

 

1 - 1940 - 1942 : la Résistance se cherche à Dijon

C'est une période où, comme le soulignait Maurice LOMBARD, historien et ex résistant, la Résistance se cherche. D'abord individuelle et isolée, elle n'est pas pour autant inactive dès 1940, les cheminots de Dijon facilitent le franchissement de la ligne de démarcation. Rien d'étonnant que le premier dijonnais fusillé par les Allemands soit un cheminot. Les étudiants de la Faculté de Dijon ne restent pas non plus inactifs. Par exemple le 11 Novembre, ils se battent contre un groupe de jeunes miliciens du Parti National-Collectiviste. Curieusement, les autorités allemandes ferment provisoirement les facultés, mais interdisent également le parti de Paul Clémenti.

 

2 - 1942-1943 : la Résistance s'affirme

A partir de l'automne 1942, tous les mouvements de Résistance essaient de s'implanter, comme d'ailleurs tous les partis de collaboration. A leur initiative, des maquis se forment en milieu rural avec des réfractaires au STO. On peut citer les maquis BERNARD, LIBERTE, MALGACHE, TARZAN, etc... A Dijon, les attentats et les sabotages contre l'Occupant se multiplient. Au Nouvel An 1942, un officier allemand est abattu avenue Victor Hugo. De même, un groupe de jeunes normaliens lance des bombes à l'intérieur de la Soldatenheim située place du Théâtre.

A l'été 1943, les représentants des principaux mouvements de résistance fondent l'un des premiers comités départemental à l'initiative du Front National, défile rue de la Liberté en chantant la Marseillaise. Beaucoup plus important : en Novembre se produit une grève de cheminots dijonnais qui paralyse toute la région, contraignant le gouvernement de Vichy à recevoir une délégation et les Allemands à commuer six condamnations à mort de cheminots en déportations.

 

3 - La Résistance décapitée mais non vaincue

Il est certain que toutes ces activités provoquent une répression violente par les forces allemandes, épaulées par des miliciens français. Déjà en mars 1943, après l'attentat place du Théâtre, quatre normaliens et un ouvrier sont fusillés à titre de représailles. Au mois de février 1944, un attentat contre le Major Werner par le maquis Bernard conduit à l'arrestation de résistants, qui, jugés Dijon par un tribunal SS dépêché de Paris, seront tous condamnés à mort. Ce ne sont là que des exemples, car les arrestations et déportations sont nombreuses.

Dès le juin 1945, l'Etat-major des Résistants de Côte d'Or quitte Dijon pour s'installer à Prairay, près d'Aignay le Duc. Jusqu'à la Libération de la capitale des Ducs, la Résistance s'adapte à sa nouvelle forme de combat et multiplie les embuscades. Ainsi le 6 Juin 1944, la Résistance se bat.

 

4 - 11 septembre 1944 : l'heure de la délivrance

Le 15 Août 1944, les Alliés débarquent en Provence et remontent le Rhône. Le 6 Septembre au soir, l'armée du Général Jean de Lattre de Tassigny, 'aisant partie de la 7e Armée américaine du Général Patch, arrive aux frontières méridionales de la Côte d'Or. Mais les Allemands, dans leur retraite, posent un certain nombre de cales (Meximieux, Beaune, Nuits Saint Georges) de façon à permettre au plus grand nombre de soldats allemands en déroute d'éviter l'encerclement des troupes débarquées sur la côte méditerranéenne et celles débarquées en Normandie.

 

5 - La libération de Dijon : une victoire de l'armée française

La Libération de la Côte d'Or est le fait des troupes françaises et tout particulièrement du 2ème CA du Général de Montsabert, composé de la 1ère DB du Général Touzet de Vigier, de la DMI du Général Diego Brosset. La 1ère DB est divisée en deux « combat Command » : le CC1 du général Sudre et le CC2 du Colonel Kientz. Le 8 septembre, Beaune est libérée. Le jour même d'âpres combats ensanglantent AUTUN, dont la libération durera plusieurs jours et sera la plus difficile des villes bourguignonnes. Le 8 au soir, le CC1 atteint Nuits Saint Georges.

Le Général TOUZET dE VIGIER, apprenant le retranchement des Allemands derrière le canal de Bourgogne, adopte une stratégie d'encerclement de Dijon, défendue par environ 3 000 hommes du LXIV CA. Le colonel Kientz du CC2 est envoyé tâter les défenses allemandes en direction du Canal de Bourgogne. Une partie du CC1 se charge de progresser sur l'axe Nuits-Saint- Georges - Chenove tandis qu'à l'ouest sont envoyés les bataillons de choc sous le commandement du Colonel Desazars.

Dans la nuit du 9 au 10, le bataillon de choc, appuyé par un escadron du 2e RSAR atteint Plombières. Desazars divise son groupe en deux. Le 10, le détachement du capitaine français Hériard tente d'atteindre la gare par la RN5 tandis que le capitaine Baudoin essaie de rejoindre la place Darcy par la RN71 pour prendre les Allemands à revers. Ce sont des échecs. Le puissant dispositif défensif allemand situé sur les hauteurs de Talant en est une raison. Le colonel Desazars décide de replier tout le monde à Plombières pour la nuit.

Menacé de toutes parts par un adversaire supérieur en nombre, l'ennemi comprend la vanité de ses manœuvres et renonce à défendre la ville. Dans la nuit du 10 au 11, les Allemands partent pour Fontaine Française et Gray. A l'aube, les patrouilles de reconnaissance du 3ème régiment de chasseurs d'Afrique, venues de Chenove, constatent la fuite de l'ennemi.

Dijon est libérée à 9 H 15.

6 - ... mais aussi de la Résistance!

La Résistance participe elle aussi à l'investissement de Dijon. Le 7 septembre, le FFI obtient des Allemands la cession de l'hôpital de Montmuzard. Le 8, le maquis Tarzan charge 12 de ses membres d'occuper les sous-sols de l'Hôtel de la Préfecture afin d'empêcher la destruction des archives par la milice. Le 11 septembre, en début d'après-midi, les maquis entrent à leur tour dans la ville. Plusieurs occuperont le jour même des postes clefs de l'administration.

7 - Un bilan très lourd

Le département de la Côte d'Or a énormément souffert de l'Occupation. Il recense 317 internés, 962 déportés, dont 489 ne sont pas rentrés, 190 résistants tués au combat et 237 fusillés. Pour les Dijonnais aussi, le bilan est lourd : 438 déportés dont 217 non-rentrés, 123 internés, 24 fusillés, 9 morts dans les rues et 10 autres exécutés dans les bois environnants. Ce bilan témoigne de l'importance de l'action de la Côte d'Or dans la lutte contre le nazisme et la Libération de la France.

8 - Un message aux générations futures

L'avenir ne peut se construire qu'à partir du passé. L'analyse des évènements relatifs à la Seconde Guerre Mondiale montre qu'un conflit doit toujours être évité car il ne peut être que source d'énormes souffrances, d'asservissement d'un grand nombre d'hommes et de ce fait, participer à la destruction des civilisations.

 

Texte rédigé en 1974 par

Victor Chaudron

Résistant du maquis Bernard

(alias Lemoine)

et du maquis Bonaparte

(alias Jacquelin)

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