Dijon
Les agents des PTT morts pour la France
Hall d'entrée du bâtiment de la Poste
4 rue Jean RENAUD - Dijon




Le hall du bâtiment de la Poste abrite deux plaques commémorant le souvenir des agents des PTT morts pour la France. Sur la première, la plus ancienne, ne figurent que des noms d'hommes. La seconde, posée le 8 mars 2025, répare une injustice : l'occultation de l'action et de l'implication des femmes dans la Résistance, victimes de la barbarie nazie. Les noms de trois femmes mortes en déportation y sont inscrits. Leur histoire est disponible directement sur place grâce à une troisième plaque affichant un QR code qui donne accès au récit de leur vie (podcast accessible à l'adresse : https://podcast.ausha.co/histoire-s-postale ). Il s'agit de :
Lucienne BARNET Agent de liaison du réseau Alliance, elle réceptionnait messages et courriers et récupérait du matériel de parachutage. Arrêtée le 6 octobre 1943, elle fut incarcérée à Fresnes, à Compiègne puis déportée en Allemagne. Le 27 novembre 1944 elle est conduite en compagnie de trois autres détenues d’Alliance dans la forêt de Rammersweier où elles sont abattues et jetées dans une fosse. Leurs corps furent exhumés et identifiés en décembre 1945.
Céline BLOCH-CHARLOT A la fois secrétaire de mairie et gérante d'une cabine téléphonique dans le village de Saint-Germain-les-Senailly près de Montbard, elle est dénoncée comme juive par un notable local. Arrêtée en février 1944, elle est emprisonnée à Dijon, puis Drancy et fait partie d'un convoi pour Auschwitz-Birkenau le 7 mars 1944. Elle meurt le 12 mars 1944. Elle avait 53 ans.
Catherine DUCROUX-FERRAND avec son mari Georges FERRAND (voir ci-dessous), suite à leur engagement au PC, elle a mulptiplié les actions résistantes à Fixin : sa maison était lieu de stockage d'armement et d'explosifs, de tracts, et a servi d'hébergement à des prisonniers et des résistants. Début 1943, Catherine et Georges sont dénoncés. Elle est arrêtée à son domicile. Emprisonnée à Dijon, torturée, elle est transférée à Romainville puis Compiègne avant d'être déportée à Ravensbrück. Délivrée en avril 1945 par la Croix rouge, elle ne connaitra pas la liberté : elle meurt du typhus sur la route du retour à Annemasse 5 jours plus tard.
Parmi les noms inscrits sur la plaque la plus ancienne, celle consacrée aux hommes, plusieurs ont été déportés et ne sont pas revenus :
Georges FERRAND il s'engage très tôt dans l'action résistante avec son épouse Catherine (voir ci-dessus) après avoir été déchu de son mandat de conseiller municipal dans le val de Marne en raison de son engagement politique au PC. Arrivé dans la région dijonnaise où il occupe le poste de monteur PTT, il habite Fixin qui deviendra un haut lieu de la Résistance. Grâce à sa connaissance des lignes de télécommunications, il multiplie les actions de sabotage.
Dénoncés début 1943, lui et son épouse sont arrêtés. Le 23 août 1943 il est déporté au camp de Neue-Bremm. Classé « NN », il meurt à Mauthausen le 16 février 1944.
Lucien PILLET mort à Güsen en Autriche le 12 février 1945
Paul REY mort à Hersbruck-Flossenburg le 18 décembre 1944
