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Le Chant des Partisans

 

Le texte de ce qui allait devenir l’hymne de la Résistance française fut rédigé le 30 mai 1943 par Joseph Kessel (1898-1979) et son neveu Maurice Druon (1918-2009), tous deux écrivains. Ce dernier conserva toute sa vie les trois feuillets originaux griffonnés sur un coin de table à Londres. Quant à la musique, elle est l’oeuvre d’Anna Marly, Française d’origine russe qui l’avait composée bien avant, en 1941 sur un texte russe, et avait accepté que sa mélodie devienne l’indicatif (sifflé) de l’émission « Honneur et Patrie » sur les antennes de la BBC.

 

Ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?

Ami entends-tu les cris sourds du Pays qu’on enchaîne?

Ohé Partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme,

Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

 

Montez de la mine, descendez des collines, Camarades,

Sortez de la paille, les fusils, la mitraille, les grenades,

Ohé les tueurs, à la balle et au couteau, tuez vite,

Ohé saboteur, attention à ton fardeau, dynamite.

 

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons, pour nos frères

La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.

Il y a des pays où les gens au creux des lits, font des rêves,

Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève.

 

Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait, quand il passe,

Ami si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.

Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.

Sifflez compagnons…, dans la nuit la Liberté nous écoute.

 

Interprétation du chant des Partisans par Germaine Sablon

Le Chant des Marais

 

Ce chant est né en Allemagne. Il a été composé en 1933 par des prisonniers communistes du camp de concentration pour détenus politiques de Börgermoor au nord-ouest de l’Allemagne en Basse-Saxe. Son titre original est Moorsoldatenlied (« chanson des soldats des marécages »), ou Börgermoorlied (« chant de Börgermoor ») ou Die Moorsoldaten (« soldats des tourbières ») 

Il a été adapté en français et est devenu le chant des déportés sous le nom de « Chant des Marais ». Il est également devenu un chant militaire français, chanté par diverses chorales militaires françaises, de parachutistes et même de la Légion Étrangère.

Il existe plusieurs versions très semblables des paroles de ce chant. Quelques variantes sont présentées ici entre parenthèses.

 

Loin vers l’infini s’étendent

Les grands prés marécageux (ou « De grands prés marécageux »)

Pas un seul oiseau ne chante (ou « Et là-bas nul oiseau ne chante »)

Sur les arbres secs et creux

 

Ô terre de détresse !

Où nous devons sans cesse 

Piocher, piocher

 

Dans ce camp morne et sauvage

Entouré de murs de fer

Il nous semble vivre en cage

Au milieu d’un grand désert

 

Ô terre de détresse

Où nous devons sans cesse 

Piocher, piocher

 

Bruit des pas et bruit des armes (ou « Bruit des chaînes et bruit des armes »)

Sentinelles jour et nuit

Et du sang, des cris, des larmes

La mort pour celui qui fuit

 

Ô terre de détresse

Où nous devons sans cesse 

Piocher, piocher

 

Mais un jour dans notre vie

Le printemps refleurira

Libre alors ô ma Patrie (ou « Liberté, liberté chérie »)

Je dirai : « tu es à moi »

 

Ô terre enfin libre
Où nous pourrons revivre,
Aimer, aimer.

(ou « Ô terre d’allégresse

Où nous pourrons sans cesse

Aimer, aimer »)

Interprétation du chant des Marais :

- par le choeur de Saint-Cyr (2020)

- par la chorale universitaire de Rouen (2016)

- par la Promotion Jean Vallée du Prytanée National Militaire

L'Affiche Rouge

 

L'Affiche rouge rend hommage au Groupe Manouchian, groupe de résistants communistes du FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans - Main-d’Oeuvre Immigrée) qui luttèrent contre l’occupant nazi à partir d’avril 1942. Le nom du groupe vient de celui de son chef de file arménien : Missak Manouchian. Les 23 membres du groupe (3 français et 20 étrangers originaires de Pologne, d’Espagne, d’Italie, d’Arménie, des juifs d’Europe de l’est et d’Europe centrale) ont été fusillés le 21 février 1944. 

Il s'agit initialement d'un poème écrit par Louis Aragon en 1955 sous le titre « Strophes pour se souvenir », inclus dans son recueil « Le Roman inachevé ». Il avait été rédigé à l’occasion de l’inauguration de la rue du groupe Manouchian à Paris. 

Quelques années plus tard, Léo Ferré enregistre un album entièrement consacré à des poèmes d’Aragon. Parmi eux, l’Affiche rouge, qui deviendra l’un de ses plus grands succès.

 

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes 
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants 
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans 
Vous vous étiez servis simplement de vos armes 
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans 

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes 
Noirs de barbe et de nuits hirsutes menaçants 
L'affiche qui semblait une tache de sang 
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles 
Y cherchait un effet de peur sur les passants 

Nul ne semblait vous voir Français de préférence 
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant 

Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants 
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE 
Et les mornes matins en étaient différents 

Tout avait la couleur uniforme du givre 
A la fin février pour vos derniers moments 
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement 
Bonheur à tous bonheur à ceux qui vont survivre 
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand 

Adieu la peine et le plaisir adieu les roses 
Adieu la vie adieu la lumière et le vent 
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent 
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses 
Quand tout sera fini plus tard en Erevan 

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline 
Que la nature est belle et que le coeur me fend 
La justice viendra sur nos pas triomphants 
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline 
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant 

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent 
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps 
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant 
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir 
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

Interprétation de l'Affiche rouge par :

Léo Ferré 

Feu! Chatterton

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